Entre Orient et Occident
C'est l'un des principaux qualificatifs d'Istanbul et ce, depuis des siècles. En regardant la carte du monde, on comprend bien pourquoi. Située entre la mer Noire et la Méditerranée, à cheval sur l'Europe et l'Asie, Istanbul est un carrefour des mondes, des cultures, des religions et du commerce depuis toujours. Fin de la route de la Soie, terminus de l'Orient Express, fin de l'Europe et début de l'Asie; fin ou début? 1453 est la date de la chute de Constantinople ou de la conquête du sultan Ottoman Mehmet II? Ca dépend de quel côté on se situe et aussi, du voyage 😊. Pour nous, Istanbul marque la fin, la fin de notre épisode Turc et Asiatique et le retour en Europe.
Byzance, Constantinople, Istanbul, 3 noms pour une même ville qui en disent long sur son histoire. D'abord Byzance, la cité grecque, renommée Constantinople par l'empereur romain Constantin et finalement Istanbul par les Ottomans. Son histoire, comme on peut l'imaginer, est longue, tumultueuse et parfois sanglante... Le bâtiment qui la résume le mieux est sans aucun doute Sainte Sophie (Ayasofya en turc). Souvent surnommée « la Grande Église », elle est le plus important monument de l'architecture byzantine et demeure l'une des plus prestigieuses églises de la chrétienté jusqu'au XVe siècle. Après la prise de Constantinople par les armées ottomanes en 1453, elle est convertie en mosquée en 3 jours seulement. Et malgré les siècles, les guerres et les tremblements de terre, on peut toujours lire sur ses murs les traces de ses multiples vies. Des belles mosaïques de la période byzantine...
aux grandes plaques de cèdre citant des versets du Coran.
Encore aujourd'hui, Ste Sophie reste un symbole. Convertie en musée en 1934 sur décision de Mustafa Kemal Atatürk (reconnu et vénéré pour avoir modernisé, laïcisé et occidentalisé la Turquie), le président actuel, Recep Tayyip Erdoğan (plutôt reconnu pour ses politiques conservatrices et défendant des engagements musulmans), a décidé de réouvrir Ste Sophie au culte musulman et de la reconvertir de nouveau en mosquée. Qu'est ce que ça veut dire aujourd'hui? Que si on est musulman et qu'on vient prier, on peut entrer gratuitement alors que les touristes, eux doivent payer 25€ l'entrée et n'ont accès qu'au 1er étage... Décision discutable qui a d'ailleurs été très fortement critiquée à l'époque.
Alors on a quand même tenté d'entrer par la section dédiée à la prière mais ça n'a pas marché. Pas l'air assez musulmans ou l'air trop touristes? Probablement un peu des deux 😆. Cette situation est sans aucun doute injuste et contestable. Jérôme a préféré ne pas entrer, alors que l'historienne en moi ne pouvait passer à côté l'opportunité de visiter ce lieu riche de 17 siècles d'histoire...
Mais restons sur le sujet des mosquées car Ste Sophie n'est évidemment pas la seule à Istanbul. Plusieurs méritent qu'on s'y arrête car elles sont très belles. A voir, entre autres, l'incontournable Mosquée Bleue,
La mosquée Soulemaniye, d'où on a une jolie vue sur le détroit du Bosphore
Ou encore la mosquée Neuve
Les mosquées turques sont un peu toutes construites sur le même modèle: d'abord une cour (pour les plus grandes) et/ou une fontaine avec de l'eau pour se purifier.
Ensuite le bâtiment principal, qui est composé d'un grand espace central surplombé d'une coupole auquel peuvent venir s'ajouter des allées et coupoles latérales. Le tout forme un ensemble qui est un peu difficile à photographier de l'intérieur. Finalement, il y a les minarets (de 1 à 6 en fonction de la taille de la mosquée), longs et effilés en Turquie, d'où sont lancés les appels à la prière.
La mosquée n'est pas uniquement un lieu de culte et de prière mais également un lieu social où les gens viennent se retrouver. On y voit des enfants courir, des ados trainer et des gens qui lisent ou qui discutent tranquillement.
Le sol est toujours entièrement recouvert de tapis, il faut donc enlever ses chaussures avant d'y entrer et on s'agenouille ou on s'assoit directement sur le sol. L'atmosphère est calme et chaleureuse et l'ambiance, bien différente des églises...
Voilà pour Istanbul la religieuse. Voyons maintenant Istanbul la commerçante. Des commerces qui sont absolument partout! Le Grand Bazaar est évidemment bien connu,
Ainsi que le marché aux épices
Mais on n'en reste pas là. La ville est couverte des petites échoppes! Et ce qui est étrange c'est qu'on regroupe les produits du même type dans un même secteur: la rue des sac à mains, la rue des survêtements de sport, il y a même une rue où on trouve plusieurs addresses côte à côte vendant des fermetures éclair et des boucles pour les sacs à mains... On se demande bien comment ils font tous pour survivre! Mais les affaires semblent bien rouler du moins, d'après ce que nous avons vu. Notre préféré reste de loin le quartier des bouchers, où nous sommes un peu atterri par hasard. Des étals avec des carcasses de viande qui pendent de tous les côté et une activité très fébrile en cette période du Ramadan ... vraiment génial!!
Métrople bouillonnante de 18 millions d'habitants culturelle et multiculturelle, on trouve de tout en se perdant dans les différents quartiers, comme Balat et ses jolies maisons colorées.
Il a remonté 2 ou 3 petits poissons, une maigre contribution pour remplir les étals...
Et comme toujours on fait de belles rencontres ou plutôt, des retrouvailles. Avec Nelly, cette Bretonne aujourd'hui Londonienne que nous avons rencontré en Angleterre à la Coupe du Monde de Rugby et qui a sauté sur l'occasion de notre passage pour revenir à Istanbul pour la ènième fois. Un très gros merci à elle pour ce long weekend passé à nous servir de guide 😊
Et merci aussi à elle de nous avoir emmené dans ce restaurant, on ne se souvient plus trop où, où nous avons rencontré la colorée et inoubliable Boukette, avec ses opinions bien tranchées sur de multiples sujets, dont les femmes russes qui viennent chercher un mari en Turquie 😅.
Une autre étape bien riche qui vient clore de grande et belle façon le chapitre Turc de notre voyage, qui aura quand même dûré 5 semaines. Un pays qui nous a franchement beaucoup plu par sa culture, la variété de ses paysages, l'acceuil de sa population et sa gastronomie💕.
Nous avons donc traversé la frontière en Bulgarie. C'est fou ce qu'un simple trait sur une carte peut apporter comme changements de décor!! Maintenant ce sont les bulbes dorés plutôt que les minarets que l'on voit au loin, fini les appels à la prière. C'est un autre grand chapitre qui commence...
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Jérôme et Sophie





Merci pour le cours d’histoire d’histoire très intéressant. ❤️🤗 Claude et maman
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