Le devoir de mémoire
Nous l'avons appris en cours d'histoire, nous avons vu des films, des reportages, entendu et/ou lu des témoignagnes, mais rien de tout ça n'a pu vraiment nous préparer à la visite du camp d'Auschwitz. Nous avons tous les deux hésité à faire cette visite qui, nous le savions, allait nous bouleverser. Est-ce vraiment nécessaire de voir tout ça? Faut-il faire de ce lieu une attraction touristique? Pourquoi aller se faire du mal avec le passé alors que dans le présent l'objectif, c'est plutôt de se faire du bien, non? Et bien pour nous le devoir de mémoire est la réponse à toutes ces questions. Nous ne pouvions passer aussi près et ne pas nous arrêter pour honorer la mémoire des 1,3 millions de personnes qui sont mortes derrière ces murs, pour voir de nos propres yeux de quoi l'être humain est capable. Même si nous ne pourrons jamais même frôler la souffrance, la peur et la misère qu'ils ont connu, se retrouver soi même derrière les murs et les barbelés reste, selon nous, un devoir humain envers ceux qui ont été (et qui sont toujours) traités avec inhumanité.
et aussi sur les murs. Un concours de street art organisé il y a quelques années a laissé des traces partout en ville. Il est donc très agréable d'errer dans les rues en gardant les yeux bien ouverts.
Une bien jolie découverte que celle de Łódź, une ville encore sous les radars touristiques entre Cracovie et Varsovie. La capitale de la Pologne étant aussi sur notre route, il était impensable de ne pas s'y arrêter. Nous avons découvert une grande métropole moderne et florissante.
Varsovie a énomément souffert de la guerre, particulièrement de l'insurrection de Varsovie en 1944, quand la résistance polonaise (rapidement rejointe par beaucoup de civils) s'est soulevée contre l'occupant allemand. Mal équipés, peu entraînés, isolés sans aucun support, le combat était perdu d'avance. L'insurrection a tout de même duré 63 jours ayant pour résultat une destruction quasi complète de la ville. Pas besoin de marcher bien longtemps dans le centre pour voir une plaque commémorant quelque évènement tragique qui s'est produit à cet endroit précis. Les troupes allemandes n'ont pas fait de quartier...
Nous sommes donc prêts pour entamer la dernière phase de notre grand périple 💪. Déjà 9 mois derrière nous et plus que 3 devant. Le printemps semble s'être finalement installé, les journées sont déjà longues (lever du soleil avant 6h et coucher après 21h), c'est par les Pays Baltes que commence le début de la fin. Déjà nous pouvons vous annoncer que nous vivrons de nouvelles expériences mais pour tout savoir, il faudra finir le voyage avec nous 😊.
Ce qui nous a entre autres bien marqué dans cette visite, c'est la taille du camp. En fait il y en avait 2: Auschwitz I, le camp de concentration, qui a au début hébergé des prisionniers polonais avant de commencer à acceuillir des juifs et autres indésirables. Là où des médecins nazis se livraient à des expériences "scientifiques" horribles, là où a été testée et validée l'utilisation du gaz zyclon B comme méthode pour l'application de la "solution finale" pensée par Hitler, l'extermination des Juifs. Processus qui a ensuite été déployé à grande échelle dans le 2ème camp, le camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau situé à quelques kilomètres de là et construit dans ce seul et unique but. C'est là où les 4 chambres à gaz et les fours crématoires opéraient en continu et où, en 5 ans, plus d'1 million d'hommes, de femmes et d'enfants ont trouvé la mort, la grande majorité dès leur arrivée sur les lieux.
C'est la boule dans la gorge, la boule au ventre et avec des frissons dans le dos qu'on marche sur les quais où s'arrêtaient les trains et que l'on remonte l'allée vers le fond du camp, là où se trouvaient les chambres à gaz, en empruntant le même chemin que tous ces malheureux. Vous avez tous vu des photos donc, ce n'est pas nécessaire d'en remettre ici. Nous n'en avons quasiment pas pris et de toute façon, elles ne pourraient vraiment décrire ce que l'on ressent de visiter cette usine de la mort. Nous ne mettons que celle-ci qui pour nous, est très forte et parlante:
Nous avons mis quelques jours à nous remettre de cette visite et peut-être que nous ne nous en remettrons jamais complètement ce qui est, ça peut sembler bizarre, un enrichissement. Mais cette visite nous rappelle aussi que, si un génocide d'une telle ampleur et avec une telle organisation ne se reproduira probablement (et heureusement) jamais, aujourd'hui encore des êtres humains tuent d'autres humains pour la simple raison qu'ils/elles ne sont pas né(e)s au bon endroit, des bons parents, ne prient pas Dieu correctement, n'ont pas la bonne couleur de peau et combien d'autres raisons stupides; pendant que le reste du monde tourne la tête pour regarder ailleurs. 80 ans plus tard, il faut se demander ce que l'humanité a retenu de cette barbarie...
Mais la vie continue et elle doit continuer. La petite ville d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) est aujourd'hui une ville normale, avec des enfants qui jouent au foot dans le parc, des gens qui vont promener leur chien ou faire leur jogging au bord de la rivère Sola, qui plantent leurs fleurs dans leurs jardins en ce début de printemps. Honorer la mémoire des disparus c'est pour nous aussi synonyme de vivre encore plus fort! Nous repartons donc bien vivants d'Oświęcim pour continuer notre exploration de la Pologne.
1er arrêt à Łódź (se prononce "woudz"), une ville avec un destin qu'on pourrait comparer à Manchester en Angleterre. Grand centre industriel grâce à sa florissante industrie textile, son économie s'est complètement effondrée dans les années 70 et 80. Mais la ville a réussi à retrouver son dynamisne et à se moderniser pour devenir aujourd'hui un important centre d'art et de culture. Ses vieux bâtiments industriels ont été restaurés de très belle façon et le chantier est loin d'être terminé.
La ville est un petit musée d'art à ciel ouvert. On trouve de petites touches artistiques partout: dans la rue, sur les trottoirs,
et aussi sur les murs. Un concours de street art organisé il y a quelques années a laissé des traces partout en ville. Il est donc très agréable d'errer dans les rues en gardant les yeux bien ouverts.
Mais les Polonais ne ne laissent pas abattre si facilement. Tout le centre histoirique a été reconstruit le plus fidèlement possible à son passé.
C'est ce que nous retenons du peuple polonais, le non-renoncement, toujours se relever et continuer. Souvent envahis au cours de leur histoire par l'ouest ou par l'est, ils ont toujours réussi à se reconstruire et c'est aujourd'hui un pays moderne et dynamique où il fait bon vivre. Les gens sont agréables, c'est propre, les maisons sont bien entretenues, pas de doute, on vit bien en 2026 en Pologne. Ils ne l'ont pas volé...
Après notre visite de Varsovie, notre route s'est poursuivie vers le nord-est. Mais avec les températures qui ne remontaient que pour mieux baisser et des prévisions météo pour les jours à venir qui s'annonçaient plus automnales que printannières, notre seuil de tolérance à la promiscuité a disons, atteint son paroxysme. Il fallait sortir du van, et vite!! Nous nous sommes donc offerts un petit séjour en Air BnB 😎. Notre recherche se basait sur des critères très précis: pas trop loin de notre route, avec du stationnement, une chambre séparée (pas de studio), une machine à laver et une bonne connection internet pour régler quelques affaires administratives dont, les impôts 😒. Nous avons trouvé notre bonheur: un petit appartement dans un agritourisme à un prix raisonnable, tranquille à la campagne dans la région des Mazuries au nord-est de la Pologne, parfait pour regarder la pluie (et la neige) tomber. La cerise sur le gâteau? L'endroit est tenu par un couple de Belges francophones qui sont installés en Pologne depuis 8 ans. En plus de l'agritourisme, ils ont aussi une activité de transformation de céréales (l'épautre principalement) et travaillent actuellement à développper leur propre marque de poduits bio en circuit court: huiles, lentilles, farines, etc. Une très belle rencontre que celle d'Astrid, de Thibault et de leurs 2 enfants. On a vraiment bien fait de s'arrêter là et la coupure nous a fait le plus grand bien!


Tu a vraiment une belle écriture et ton texte est vraiment vibrant d’émotions
RépondreSupprimerA plus Thierry
Merci Thierry :-)
SupprimerTrès beau récit comme d'habitude, merci de nous faire rêver. A très bientôt pour la dernière étape de ce périple magnifique !!!
RépondreSupprimerSandrine